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CLUB OMNISPORT COURONNAIS section cyclisme

Un toit pour les pistards ?

28 Novembre 2008 , Rédigé par nelos Publié dans #divers

Construit en 1981, le vélodrome de Grand-Couronne est amené à disparaître, victime de l'extension du collège Renoir. Il devrait être remplacé par une structure couverte aux Essarts. Le conseil général de la Seine-Maritime pilote actuellement un projet de construction d'un vélodrome couvert à Grand-Couronne.

Une délégation du conseil Général de Seine-Maritime effectue un voyage d'étude aujourd'hui et demain au centre mondial du cyclisme, à Aigle en Suisse. Elle s'intéressera spécifiquement au vélodrome, ouvert en 2002 et conçu par Ralph Schürmann, le « couturier des pistes. » Coiffé d'une double membrane en polymère gonflable, cet anneau en pin de Sibérie pourrait emporter l'adhésion de ce groupe d'étude, conduit par Jean-François Mayer, le vice-président de la collectivité publique.
Elle projette en effet de construire un vélodrome couvert à Grand-Couronne afin de remplacer l'anneau à ciel ouvert qui semble condamné par l'extension du collège Renoir. Inauguré en 1981, il mesure 250 m et il est recouvert d'asphalte, de plus en plus attaqué par les fissures. «Une structure couverte nous paraît indispensable pour pouvoir être utilisée en cas de pluie, surtout pendant la période hivernale, estime Jean-François Mayer. Le cyclisme en extérieur est de plus en plus menacé, à cause de problèmes de sécurité. Les courses de village ont beaucoup de mal à survivre. Longtemps, il n'y en a eu que pour le Tour de France qui est un vrai moteur mais je suis persuadé que l'avenir du vélo est sur la piste. »
En Suisse, Jean-François Mayer souhaite surtout se faire une idée sur la longueur la plus adaptée pour un tel équipement. « Il y a trois options. D'abord une piste de 166 m. C'est un peu court, ça fausse les compétitions car celui qui emmène un sprint à peu de risque de se faire doubler. Nous hésitons donc entre 200 ou 250 m. Celui d'Aigle fait 200 m et on peut penser que l'UCI validera bientôt cette distance pour les compétitions nationale et internationale qui se déroulent pour le moment sur 250 m. » Les Seinomarins ont déjà arpenté le vélodrome de Gand (250 m) et pourraient affiner leur réflexion en se rendant en Angleterre à Manchester où se dérouleront les épreuves sur pistes des jeux Olympiques de Londres en 2012. Cet événement constitue d'ailleurs une source de motivation supplémentaire pour hâter le projet car l'éventuel vélodrome de Grand-Couronne pourrait servir de base arrière aux délégations étrangères lors de la phase de préparation. « Nous espérons lancer les travaux fin 2009 », estime le vice-président du conseil général, maître d'ouvrage.
Le site a déjà été déterminé, il se trouve aux Essarts à proximité du relais de télévision, planté au pied de l'autoroute. « La ville de Grand-Couronne met un terrain à disposition. Même si ce n'est pas acté, c'est presque fait », précise Jean-François Mayer, ancien entraîneur des équipes de France junior et formateur à l'UCI (Union cycliste internationale). Encore au stade des études, ce projet a reçu un large soutien, des clubs normands, de la fédération française de cyclisme par la voix de son président Jean Pitallier, mais aussi des autres collectivités publiques, l'Agglo de Rouen et le conseil régional de Haute-Normandie, dirigé par Alain Le Vern, un autre mordu de la Petite Reine. « Le financement est presque bouclé, assure Jean-François Mayer, pour une somme allant de 9 à 14 millions d'euros... Pour l'instant, la principale question concerne le fonctionnement de l'ouvrage. Il s'agit de savoir à qui il sera confié. Il paraîtrait logique que ce soit à la ville de Grand-Couronne.» Ce projet s'inscrit dans la politique globale d'aménagement d'équipements sportifs, comprenant notamment le futur stade du Havre, le palais des sports de Rouen et la Halle d'athlétisme de Val-de-Reuil.
Ce vélodrome pourrait aussi s'ouvrir au monde de l'entreprise. « On peut toujours envisager des séminaires. » A plus long terme, des pistes de BMX et des tracés pour VTT pourraient venir compléter le site, étroitement lié au CRJS de Petit-Couronne, en particulier pour sa capacité d'hébergement.
Base arrière lors des jeux Olympiques de Londres

 

« Pas de piste d'octobre à mars »


Raymond-Marcel Anquetil (président du comité de Normandie)
« Ce serait très bien de disposer d'un vélodrome couvert pour organiser des compétitions toute l'année. En Normandie, il n'y a que des installations en plein air, dont plusieurs en mauvais état. A Lisieux, il n'y a pas eu la moindre compétition cette année. En France, le seul vrai vélodrome couvert se trouve à Bordeaux. Celui de Grenoble est privé et il est utilisé pour beaucoup d'autres choses que le cyclisme. Je crois qu'il existe un autre projet comparable à celui des Essarts à Saint-Quentin-en-Yvelines. Pour réaliser un tel équipement, il va falloir trouver un gros budget : 10 millions pour une piste de 200 m et de 14 millions pour 250 m.»
Jackie Tiphaigne (vice-président de l'USSAP Barentin)
«Je considère qu'un vélodrome couvert est indispensable. Si nous n'en avons pas d'ici dix ans, il sera très compliqué de faire du vélo pour les jeunes. Ça implique trop de responsabilités pour les clubs de les envoyer sur les routes. C'est un terrain d'expression de plus en plus dangereux. Il est nécessaire d'avoir un endroit protégé pour s'entraîner quand il fait mauvais, avec des douches et des vestiaires. Chez nous au club, nous utilisons le vélodrome à ciel ouvert de Grand-Couronne pour les enfants pendant les beaux jours. En revanche pour nos pistards, il est de plus en plus dur de rester au top niveau car ils ont des concurrents qui bénéficient de meilleures conditions de préparation. Nous avons de plus en plus de mal à tenir notre rang. En 20 ans, nous avons remporté environ 25 titres de champion de France. Nous sommes en train de régresser car nous sommes obligés d'aller jusqu'à Alençon, à plus de 150 km de chez nous.»
Nicolas Giulia (pistard au VC Rouen 76, 4 fois champion de France cadets et juniors en poursuite et vitesse)
« J'attends ce vélodrome avec beaucoup d'impatience. Pour l'entraînement, ce serait beaucoup mieux. Ce n'est pas le top d'aller sur des pistes en plein air, comme au Neubourg qui est tout neuf. Quand il pleut, il faut annuler et aller sur la route. On ne peut donc effectuer de travail spécifique. C'est un énorme handicap. En hiver, on ne peut guère aller en stage qu'à Bordeaux ou à l'INSEP (à Vincennes). Seulement, c'est un vrai bol, avec une piste courte de 166 m, qui ne permet pas de vrais entraînements. En gros, d'octobre à mars, on ne peut pas faire de piste.»

extrait du paris normandie du 26 novembre 2008
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